Le nombre de freelances dans les domaines de l’IT et de la tech a augmenté de 71 % en 10 ans selon Le Monde Informatique. En 2023, 72 % des cadres du secteur informatique avaient une perception positive du freelancing et 30 % d’entre eux envisageaient de se lancer en tant qu’indépendants.
Le statut d’indépendant est en effet très attractif pour les experts informatiques. Autonomie, revenus élevés, missions variées : se lancer à son compte comporte de nombreux avantages, malgré les quelques lourdeurs administratives et le manque de sécurité de l’emploi qui peuvent entacher ce mode de travail. La démocratisation de cette pratique au sein des entreprises françaises multiplie par ailleurs les opportunités pour ceux qui souhaitent se tourner vers le freelancing.
Mais comment devenir freelance informatique ? Quelles compétences acquérir ? Quel statut juridique choisir ? Comment fixer ses tarifs ? Freelance-Informatique répond à toutes vos questions dans cet article.
Un freelance informatique est un professionnel indépendant qui propose ses services dans le domaine des technologies de l'information. Contrairement à un salarié, il n'est pas lié à une entreprise par un contrat de travail.
Le mot freelance ne désigne pas un statut juridique particulier, mais une manière de travailler : il indique simplement qu’une personne n’est pas employée par une société, mais qu’elle exerce ses fonctions de manière indépendante.
Le freelance informatique est son propre patron. Il organise lui-même son activité, gère ses propres clients et effectue les horaires qu’il souhaite. Il est le plus souvent à la tête d’une entreprise qu’il a fondée pour exercer son métier.
Il peut travailler pour tous types d’entreprises : start-ups, PME (Petites et Moyennes Entreprises), grands groupes, ESN (Entreprises de Services du Numérique), etc. Ses missions freelances peuvent être de courte ou de longue durée.
En France, le domaine informatique est le champion du freelancing. Dans une étude réalisée par Talent.io en 2023 auprès de 300 entreprises tech, 75 % des sociétés interrogées ont déclaré faire appel à au moins un freelance chaque année.
Le fait d’avoir fréquemment recours à l’achat d’une prestation de service se développe de manière exponentielle chez les entreprises françaises, bien que le marché soit encore à la traîne par rapport aux États-Unis. D’ici 2027, la majorité de la main-d’œuvre américaine sera en effet constituée de travailleurs indépendants selon une étude réalisée par Upwork et Freelancers Union.
Le freelancing apporte de nombreux bénéfices aux sociétés innovantes et agiles du domaine IT :
Flexibilité, liberté et efficacité sont les maîtres mots de cette relation de travail d’un nouveau genre.
De multiples expertises sont recherchées par les entreprises dans le cadre de prestations de services informatiques :
Tous les métiers de l’IT peuvent être exercés en freelance, bien que certaines professions soient particulièrement recherchées dans des domaines comme la cybersécurité, les infrastructures cloud, le DevOps, la data ou l’intelligence artificielle. En s’orientant vers ces expertises très demandées, les freelances informatiques peuvent ainsi facturer jusqu’à 1 000 euros par jour travaillé aux entreprises.
Le freelancing attire de plus en plus de professionnels du numérique en quête d’indépendance. Se lancer en tant qu’entrepreneur dans le domaine IT comporte en effet de nombreux atouts :
Selon une étude menée par Hopwork et Ouishare, citée par Les Échos Start, 63 % des indépendants trouvent ainsi leur statut moins stressant que le salariat.
Si les avantages du freelancing sont nombreux, devenir freelance informatique comporte aussi quelques inconvénients :
Ainsi, selon l’étude Hopwork et Ouishare citée précédemment, tout n’est pas toujours rose : 48 % des indépendants en France souhaiteraient bénéficier d’une meilleure protection sociale et 40 % d’entre eux aimeraient disposer du régime général de la sécurité sociale alors qu’ils dépendent du Régime Social des Indépendants (RSI).
Pour se lancer en tant que freelance informatique, la première étape est de choisir la structure juridique qui convient le mieux à l’activité exercée pour bénéficier du cadre légal nécessaire.
La micro-entreprise, anciennement auto-entreprise, est le statut qui a participé à la démocratisation du freelancing en France. Très accessible grâce à sa simplicité administrative et fiscale, il allège considérablement les démarches pour se lancer en tant qu’entrepreneur.
Les formalités de création d’une micro-entreprise sont très simples et réalisables en ligne en quelques clics. Les charges sociales, calculées à partir du chiffre d’affaires, sont réduites, la comptabilité est allégée et il est possible de bénéficier de la franchise en base TVA en dessous d’un certain seuil de revenus.
Ce statut est toutefois plafonné à un chiffre d’affaires de 77 700 euros pour les prestations de services. La protection sociale qu’il apporte, relative au régime des TNS (Travailleurs Non Salariés), est moins intéressante que celle procurée par un statut d’employé. Il est également impossible de déduire ses frais professionnels.
Ce statut reste cependant idéal pour les freelances informatiques débutants, qui souhaitent se lancer pour tester leur activité sans trop de contraintes.
L’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) est une société unipersonnelle, où le freelance est à la fois dirigeant et unique associé. Elle a une structure plus formelle qu’une micro-entreprise, tout en limitant la responsabilité financière.
L’EURL comporte plusieurs avantages :
Les formalités de création sont cependant plus lourdes que pour la micro-entreprise et la comptabilité plus complexe. Les cotisations sociales sont également plus élevées.
Cette structure juridique est intéressante pour les indépendants qui veulent sécuriser leur patrimoine personnel et qui prévoient un chiffre d’affaires important.
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est une autre forme de société unipersonnelle qui offre une grande flexibilité, notamment sur la gestion des dividendes et du statut du dirigeant.
Elle permet également de protéger le patrimoine personnel et offre à son dirigeant assimilé salarié une meilleure couverture sociale que celle d’un gérant d’EURL ou d’un micro-entrepreneur. Pour optimiser sa rémunération, le dirigeant a la possibilité de percevoir des dividendes, qui ne sont pas soumis au versement de cotisations sociales.
Les inconvénients administratifs et comptables sont du même ordre que ceux de l’EURL : là encore, les formalités sont bien plus lourdes que celles exigées en micro-entreprise. En outre, les charges sociales sont plus élevées que celles de l’EURL concernant la rémunération du dirigeant.
La SASU est adaptée aux professionnels de l’informatique ayant un chiffre d’affaires conséquent et qui souhaitent optimiser leur rémunération en se versant des dividendes.
Le portage salarial est une solution hybride qui permet de bénéficier du statut de salarié tout en travaillant comme freelance. Une société de portage gère les aspects administratifs et verse un salaire au freelance, qui lui paie des frais de gestion en échange de ce service.
En portage salarial, un freelance informatique bénéficie de la sécurité du statut de salarié (mutuelle, retraite, droits au chômage). Il n’a pas besoin de créer une entreprise pour son activité : tout est géré par la société de portage.
Cette dernière lui prélève cependant des frais de gestion, qui s’élèvent à un certain pourcentage du chiffre d’affaires ou à un montant mensuel fixe. Le freelance dispose en outre de moins de possibilités d’optimisation fiscale qu’en SASU ou en EURL.
Le portage salarial reste cependant un dispositif très avantageux pour les profils qui souhaitent limiter les risques, sécuriser leur protection sociale et entreprendre certaines démarches qui exigent la stabilité de l’emploi, comme une demande d’emprunt bancaire.
Qu’entend-on par TJM ? Cet acronyme bien connu des freelances informatiques signifie Taux Journalier Moyen. Il s’agit en réalité du coût d’un freelance pour une entreprise et donc du montant qui est versé au travailleur par ses clients pour chaque jour travaillé.
Ce mode de facturation est le plus répandu pour les projets informatiques, même s’il est aussi courant de demander une facturation à l’heure pour certaines missions de courte durée, ou encore une facturation au forfait. Dans ce dernier cas, la rémunération ne dépend pas du temps passé sur le projet, mais de la prestation réalisée dans sa globalité. Un développeur web peut ainsi demander un certain montant pour la création d’un site web, ou un consultant en cybersécurité pour un audit du SI (Système d’Information) de l’entreprise.
Définir précisément son tarif est crucial pour devenir freelance informatique, car c’est ce qui permet d’assurer la rentabilité de son activité. Plusieurs informations sont à prendre en compte :
Trouver ses premières missions en tant que freelance informatique peut être un défi, mais plusieurs stratégies permettent de décrocher rapidement des contrats. L’objectif est de se rendre visible, de démontrer son expertise et de convaincre des clients potentiels.
Voici plusieurs pistes pour une prospection efficace :
Le salaire d’un freelance informatique dépend de plusieurs facteurs : son expertise, son secteur d’activité et son expérience.
En moyenne, un freelance IT peut facturer entre 300 et 800 euros par jour, voire plus pour les profils très spécialisés. Un développeur web junior débute ainsi avec un prix d’environ 300 euros par jour, tandis que le tarif d’un expert en architecture cloud ou en cybersécurité peut dépasser 1 000 euros par jour.
Le revenu net du freelance informatique dépendra ensuite des charges liées à son statut juridique.
Pour se lancer en freelance informatique en tant que débutant, il est essentiel de développer ses compétences, grâce à une formation et à des projets personnels ou pédagogiques.
Il faut également choisir un statut juridique, puis définir son TJM et construire un portfolio. Une démarche de prospection est ensuite nécessaire, par exemple sur une plateforme freelance ou un réseau social professionnel comme LinkedIn.
La clé est de commencer avec des projets simples pour obtenir une première expérience et monter en compétences progressivement, tout en obtenant des recommandations de ses clients et en se spécialisant dans un secteur d’activité porteur.
Le meilleur statut dépend des objectifs et du niveau d’activité du freelance :