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Quel est le coût réel d'un freelance pour une entreprise ?

Publié le 26/02/2025
Quel est le coût réel d'un freelance pour une entreprise ?

La France comptait 2,9 millions de micro-entrepreneurs actifs en 2024 selon l’Urssaf, soit une évolution de 8 % par rapport à 2023. Ces dix dernières années, le freelancing a connu un essor notable dans l’Hexagone.

La création du statut de micro-entrepreneur, autrefois appelé auto-entrepreneur, n’est pas sans rapport avec cette récente mutation des relations de travail. La digitalisation des entreprises participe aussi à cette évolution, qui s’inspire du modèle américain où 36 % de la population active travaille en freelance selon une étude réalisée par Upwork et Freelancers Union. Flexibilité, accès à des compétences spécifiques, réactivité en cas d'urgence : le recours au freelancing apporte de nombreux avantages aux sociétés.

Mais quel est vraiment le coût d’un freelance pour une entreprise ? Coûte-t-il plus ou moins cher qu’un salarié ? Quand choisir de recruter un employé ou de faire appel à un indépendant ? Freelance-Informatique vous donne toutes les réponses dans cet article !

Qu’est-ce qu’un freelance ?

Un freelance est un travailleur indépendant qui exerce son activité sans être lié par un contrat de travail avec un employeur. Il propose ses services à des clients, généralement sous la forme de missions ponctuelles ou récurrentes. Il est rémunéré selon un tarif défini à l’avance, en fonction du temps passé sur le projet en appliquant un TJM (Taux Journalier Moyen) ou avec une tarification à la mission. Il est le plus souvent lié à son client par un contrat de prestation de service ou de sous-traitance.

Contrairement à un salarié en CDI ou en CDD, le freelance ne perçoit pas de salaire fixe et ne bénéficie pas des avantages sociaux classiques : assurance chômage, régime de protection sociale, congés payés, mutuelle d’entreprise.

Le terme freelance ne désigne pas un statut juridique, mais une manière de travailler : il s’applique à tous types de travailleurs indépendants. Le freelancing peut en effet s'inscrire dans des cadres légaux et administratifs variés, tels que la micro-entreprise, l’EURL, la SASU ou encore le portage salarial.

Un travailleur indépendant peut exercer une mission freelance auprès d’entreprises diverses : start-ups, TPE (Très Petites Entreprises), PME (Petites et Moyennes Entreprises), grands groupes, ESN (Entreprises de Services du Numérique) autrefois appelées SSII (Sociétés de Service et d'Ingénierie Informatique). Il peut réaliser une prestation pour un client unique ou bien apporter ses compétences à plusieurs sociétés à la fois.

Le freelancing : une tendance de fond sur le marché du travail français

La transition numérique et la simplification administrative des démarches de création d’entreprise ont joué un rôle crucial dans l’essor du freelancing en France, tout comme l’épidémie de COVID-19. La pandémie aurait en effet motivé de nombreux actifs à se lancer à leur compte selon Juwa.

Si le désir d’une indépendance croissante se fait ressentir du côté des travailleurs français, il correspond à une demande réelle de la part des entreprises. Grâce à la grande flexibilité et au niveau d’expertise élevé qu’il offre, le freelancing séduit de nombreuses sociétés françaises, qui y voient également la possibilité de maîtriser leurs coûts.

Selon une étude réalisée par Talent.io en 2023, 75 % des 300 entreprises tech interrogées faisaient appel à au moins un freelance par an. 16 % d’entre elles travaillaient avec plus de 10 freelances par an et 20 % avec 2 à 10 freelances.

Dans quels secteurs la demande de travailleurs indépendants est-elle la plus forte ?

  • Le domaine de l’IT : plus de 30 % des freelances travaillent dans le domaine de la prestation de service informatique selon Made In Entreprise, par exemple en tant que développeur web ou expert en cybersécurité, en data ou en IA (Intelligence Artificielle) ;
  • Le marketing digital n’est pas en reste, avec le recrutement d’experts en SEO, en gestion des réseaux sociaux, en stratégie digitale ou en création de contenu, à l’heure où la présence en ligne devient incontournable pour les entreprises ;
  • Le design et la création graphique, notamment avec les métiers de graphiste et d’UX/UI Designer, sont également des expertises recherchées pour concevoir des interfaces utilisateurs optimisées et des identités visuelles fortes ;
  • L’administration, avec les professions d’expert-comptable ou encore d’assistant virtuel ;
  • Les Ressources Humaines (RH) : les consultants RH, les formateurs en entreprise et les coachs professionnels répondent aux besoins croissants des organisations dans ce secteur.

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Coût d’un freelance ou d’un salarié : le comparatif

L’idée selon laquelle un freelance coûterait plus cher qu’un salarié à une entreprise est très répandue. Des tarifs élevés seraient le prix à payer pour bénéficier d’une relation de travail flexible, sans s’engager dans un contrat de travail sur le long terme.

Mais cette croyance est-elle vraiment justifiée ? Le choix de faire appel à un entrepreneur semble de prime abord plus dispendieux, mais de nombreux coûts découlent cependant de l’embauche d’un salarié. Place au décryptage !

Le coût d’un freelance pour une entreprise

Le coût d’un freelance pour une entreprise est très variable. En effet, en fonction de son niveau d’expérience, du secteur d’activité auquel il s’adresse et de sa localisation, les tarifs d’un indépendant varient du simple au double :

  • Un développeur web débutant peut facturer un montant de 300 euros par jour ;
  • Un expert en cybersécurité peut quant à lui exiger un TJM allant jusqu’à 1 000 euros par jour.

Le coût d’un freelance est souvent perçu comme plus élevé que celui d’un salarié : le TJM qu’il affiche sur une plateforme freelance semble supérieur au salaire d’un employé. Cependant, cette comparaison est trompeuse, car une entreprise ne paie un freelance que pour le travail réellement effectué et n’a pas à supporter certaines charges.

En effet, de nombreuses cotisations sont à la charge de l’indépendant : charges sociales, impôts, mutuelle, etc. Ce dernier ne bénéficie pas de congés payés ni de sécurité de l’emploi. Il doit donc s’assurer de disposer d’un certain montant de trésorerie pour s’accorder du repos et pallier les périodes peu rémunératrices. Les tarifs d’un indépendant ne constituent donc pas son salaire, mais son chiffre d’affaires.

Le coût d’une mission freelance pour une entreprise correspond donc au montant facturé par l’indépendant, sans coûts cachés :

  • L’entreprise ne paie pas de charges patronales ou d’indemnités de fin de contrat si la relation s’arrête : aucun engagement à long terme n’est prévu ;
  • Les coûts de formation sont également absents, car le freelance est immédiatement opérationnel ;
  • Les frais liés aux locaux professionnels sont réduits ou nuls : 59 % des freelances travaillent depuis leur domicile et 13 % dans un espace de coworking qu’ils financent eux-mêmes selon Les Makers.

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Le coût d’un salarié pour une entreprise

À l’inverse, le recrutement d’un salarié constitue un engagement à long terme pour une société et son coût est bien loin du salaire net indiqué sur la fiche de paie. Certaines charges sont visibles par les employés, notamment les cotisations retirées de leur rémunération brute.

Cependant, de nombreux coûts supplémentaires sont assumés par l’employeur, tels que :

  • Le prix du recrutement : trouver le profil idéal pour occuper un poste demande du temps et de l’argent à une entreprise. Elle peut notamment faire appel à un cabinet de recrutement. La plupart de ces structures demandent un montant compris entre 18 % et 25 % du salaire brut de la personne recrutée ;
  • Les charges patronales : en dehors des charges salariales prélevées sur le salaire et visibles sur le bulletin de paie, l’employeur verse des cotisations additionnelles, qui s’élèvent généralement à 30 % du salaire brut ;
  • Le temps de formation : lors de son arrivée en poste, un salarié doit généralement être formé avant d’être opérationnel, ce qui occasionne des coûts supplémentaires pour la société. En outre, si le contrat n’aboutit pas et que l’employeur se sépare de la nouvelle recrue durant sa période d’essai, des dépenses liées à une nouvelle embauche sont à prévoir ;
  • Les congés payés : l’entreprise rémunère ses salariés durant leurs périodes de repos, tout en ne pouvant par leur confier leur charge de travail habituelle ;
  • Les avantages sociaux : de nombreuses sociétés permettent à leurs effectifs de bénéficier de certains avantages, comme une mutuelle entièrement prise en charge, une prévoyance santé, des titres-restaurants, des chèques-vacances, etc. ;
  • Les éventuelles primes : leurs montants sont à ajouter au calcul du coût d’un salarié ;
  • Les frais entraînés par le départ du salarié : lors d’une rupture conventionnelle ou d’un licenciement, l’employeur doit verser une indemnité légale à l’employé ;
  • Les dépenses liées au poste de travail : les coûts liés aux locaux professionnels, à l’équipement du salarié et aux éventuels outils et logiciels nécessaires sont également à prendre en compte dans le calcul.

Si un salarié est plus rentable sur le long terme pour une entreprise ayant des besoins permanents, son coût réel dépasse largement son salaire brut et peut peser lourdement sur la trésorerie de la société.

En additionnant l’ensemble de ces dépenses, un freelance ne coûte donc pas nécessairement plus cher qu’un salarié : tout dépend du type de prestation qui lui est confiée et des attentes de l’organisation.

Quand choisir de faire appel à un freelance plutôt qu’à un salarié ?

Si le freelance est plus coûteux à la journée, il offre une flexibilité et une expertise immédiate qui peuvent rendre son intervention plus rentable selon le contexte. Certaines situations se prêtent ainsi particulièrement au freelancing :

  • Pour un besoin ponctuel ou temporaire : lorsqu’une entreprise a un besoin spécifique sur une période limitée, recruter un salarié n’est pas toujours justifié. Un freelance permet de répondre rapidement à ce besoin sans engagement sur le long terme ;
  • Pour accéder à une expertise pointue : certains domaines nécessitent des compétences très spécialisées, comme la cybersécurité ou la data science. Embaucher un salarié expert peut être coûteux et compliqué, alors qu’un freelance expérimenté apporte son savoir-faire immédiatement, sans nécessiter de formation ;
  • Pour gagner en flexibilité et en réactivité : faire appel à un freelance permet de s’adapter rapidement aux variations d’activité. En cas de pic de charge, un indépendant peut renforcer une équipe sans alourdir la masse salariale. Il est également plus rapide à mobiliser qu’un salarié, car il n’y a pas de procédure de recrutement longue ni de préavis à gérer ;
  • Pour tester un besoin avant un recrutement : lorsqu’une entreprise hésite à créer un poste à temps plein, collaborer avec un freelance permet d’évaluer le volume de travail et la rentabilité du poste avant d’embaucher. Si la charge de travail se stabilise et justifie un CDI, le recrutement pourra alors être envisagé en toute sérénité.

Les avantages du freelancing sont multiples pour les entreprises souhaitant de la souplesse, des compétences rares et une meilleure maîtrise des coûts. Cependant, pour des besoins récurrents et une implication à long terme, le recrutement d’un salarié peut constituer une solution plus adaptée.

FAQ sur le coût d’un freelance

Combien coûte un freelance en moyenne en France ?

Le coût d’un freelance en France varie en fonction de son secteur, de son expérience et de sa spécialisation. En moyenne, son TJM se situe entre 300 et 800 euros, voire plus pour des profils très spécialisés, dans les domaines de la data, de la cybersécurité ou de l’IA.

Ce tarif inclut non seulement la prestation, mais aussi les charges sociales, la gestion administrative et les périodes non facturées (congés, formation, prospection).

Pourquoi le TJM d’un freelance est-il plus élevé que le salaire d’un employé ?

Un freelance fixe un TJM plus élevé que le salaire d’un employé, car il doit assumer des coûts que l’employeur prend en charge pour un salarié : cotisations sociales, assurance, matériel, formation, périodes d’inactivité, congés non rémunérés, etc.

De plus, le freelance apporte une certaine souplesse qui justifie une tarification plus élevée. Enfin, un salarié est rémunéré chaque mois, tandis qu’un freelance doit ajuster ses tarifs pour compenser l’irrégularité de ses missions.

Quels sont les coûts cachés d’un salarié que l’on évite avec un freelance ?

L’embauche d’un salarié implique des coûts supplémentaires souvent sous-estimés. Outre le salaire brut, l’employeur paie des charges patronales, les congés payés, la mutuelle, le matériel, la formation, ainsi que les indemnités en cas de départ (licenciement, rupture conventionnelle).

À l’inverse, un freelance est payé uniquement pour sa prestation, sans ces charges fixes. Pour des besoins ponctuels, le freelancing peut donc être plus économique.

Peut-on négocier le tarif d’un freelance ?

Oui, il est possible de négocier avec un freelance, mais dans certaines limites. Un freelance fixe son tarif en fonction de son niveau d’expérience, de la complexité de la mission et du temps requis.


Plutôt que de demander une réduction du tarif, il peut être intéressant de négocier sur d’autres aspects : un volume de temps plus important, un délai plus souple ou un paiement plus rapide. Un tarif trop bas peut nuire à la qualité du travail et à l’implication du freelance, qui privilégiera des clients mieux rémunérateurs.

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