La France comptait 2,9 millions de micro-entrepreneurs actifs en 2024 selon l’Urssaf, soit une évolution de 8 % par rapport à 2023. Ces dix dernières années, le freelancing a connu un essor notable dans l’Hexagone.
La création du statut de micro-entrepreneur, autrefois appelé auto-entrepreneur, n’est pas sans rapport avec cette récente mutation des relations de travail. La digitalisation des entreprises participe aussi à cette évolution, qui s’inspire du modèle américain où 36 % de la population active travaille en freelance selon une étude réalisée par Upwork et Freelancers Union. Flexibilité, accès à des compétences spécifiques, réactivité en cas d'urgence : le recours au freelancing apporte de nombreux avantages aux sociétés.
Mais quel est vraiment le coût d’un freelance pour une entreprise ? Coûte-t-il plus ou moins cher qu’un salarié ? Quand choisir de recruter un employé ou de faire appel à un indépendant ? Freelance-Informatique vous donne toutes les réponses dans cet article !
Un freelance est un travailleur indépendant qui exerce son activité sans être lié par un contrat de travail avec un employeur. Il propose ses services à des clients, généralement sous la forme de missions ponctuelles ou récurrentes. Il est rémunéré selon un tarif défini à l’avance, en fonction du temps passé sur le projet en appliquant un TJM (Taux Journalier Moyen) ou avec une tarification à la mission. Il est le plus souvent lié à son client par un contrat de prestation de service ou de sous-traitance.
Contrairement à un salarié en CDI ou en CDD, le freelance ne perçoit pas de salaire fixe et ne bénéficie pas des avantages sociaux classiques : assurance chômage, régime de protection sociale, congés payés, mutuelle d’entreprise.
Le terme freelance ne désigne pas un statut juridique, mais une manière de travailler : il s’applique à tous types de travailleurs indépendants. Le freelancing peut en effet s'inscrire dans des cadres légaux et administratifs variés, tels que la micro-entreprise, l’EURL, la SASU ou encore le portage salarial.
Un travailleur indépendant peut exercer une mission freelance auprès d’entreprises diverses : start-ups, TPE (Très Petites Entreprises), PME (Petites et Moyennes Entreprises), grands groupes, ESN (Entreprises de Services du Numérique) autrefois appelées SSII (Sociétés de Service et d'Ingénierie Informatique). Il peut réaliser une prestation pour un client unique ou bien apporter ses compétences à plusieurs sociétés à la fois.
La transition numérique et la simplification administrative des démarches de création d’entreprise ont joué un rôle crucial dans l’essor du freelancing en France, tout comme l’épidémie de COVID-19. La pandémie aurait en effet motivé de nombreux actifs à se lancer à leur compte selon Juwa.
Si le désir d’une indépendance croissante se fait ressentir du côté des travailleurs français, il correspond à une demande réelle de la part des entreprises. Grâce à la grande flexibilité et au niveau d’expertise élevé qu’il offre, le freelancing séduit de nombreuses sociétés françaises, qui y voient également la possibilité de maîtriser leurs coûts.
Selon une étude réalisée par Talent.io en 2023, 75 % des 300 entreprises tech interrogées faisaient appel à au moins un freelance par an. 16 % d’entre elles travaillaient avec plus de 10 freelances par an et 20 % avec 2 à 10 freelances.
Dans quels secteurs la demande de travailleurs indépendants est-elle la plus forte ?
L’idée selon laquelle un freelance coûterait plus cher qu’un salarié à une entreprise est très répandue. Des tarifs élevés seraient le prix à payer pour bénéficier d’une relation de travail flexible, sans s’engager dans un contrat de travail sur le long terme.
Mais cette croyance est-elle vraiment justifiée ? Le choix de faire appel à un entrepreneur semble de prime abord plus dispendieux, mais de nombreux coûts découlent cependant de l’embauche d’un salarié. Place au décryptage !
Le coût d’un freelance pour une entreprise est très variable. En effet, en fonction de son niveau d’expérience, du secteur d’activité auquel il s’adresse et de sa localisation, les tarifs d’un indépendant varient du simple au double :
Le coût d’un freelance est souvent perçu comme plus élevé que celui d’un salarié : le TJM qu’il affiche sur une plateforme freelance semble supérieur au salaire d’un employé. Cependant, cette comparaison est trompeuse, car une entreprise ne paie un freelance que pour le travail réellement effectué et n’a pas à supporter certaines charges.
En effet, de nombreuses cotisations sont à la charge de l’indépendant : charges sociales, impôts, mutuelle, etc. Ce dernier ne bénéficie pas de congés payés ni de sécurité de l’emploi. Il doit donc s’assurer de disposer d’un certain montant de trésorerie pour s’accorder du repos et pallier les périodes peu rémunératrices. Les tarifs d’un indépendant ne constituent donc pas son salaire, mais son chiffre d’affaires.
Le coût d’une mission freelance pour une entreprise correspond donc au montant facturé par l’indépendant, sans coûts cachés :
À l’inverse, le recrutement d’un salarié constitue un engagement à long terme pour une société et son coût est bien loin du salaire net indiqué sur la fiche de paie. Certaines charges sont visibles par les employés, notamment les cotisations retirées de leur rémunération brute.
Cependant, de nombreux coûts supplémentaires sont assumés par l’employeur, tels que :
Si un salarié est plus rentable sur le long terme pour une entreprise ayant des besoins permanents, son coût réel dépasse largement son salaire brut et peut peser lourdement sur la trésorerie de la société.
En additionnant l’ensemble de ces dépenses, un freelance ne coûte donc pas nécessairement plus cher qu’un salarié : tout dépend du type de prestation qui lui est confiée et des attentes de l’organisation.
Si le freelance est plus coûteux à la journée, il offre une flexibilité et une expertise immédiate qui peuvent rendre son intervention plus rentable selon le contexte. Certaines situations se prêtent ainsi particulièrement au freelancing :
Les avantages du freelancing sont multiples pour les entreprises souhaitant de la souplesse, des compétences rares et une meilleure maîtrise des coûts. Cependant, pour des besoins récurrents et une implication à long terme, le recrutement d’un salarié peut constituer une solution plus adaptée.
Le coût d’un freelance en France varie en fonction de son secteur, de son expérience et de sa spécialisation. En moyenne, son TJM se situe entre 300 et 800 euros, voire plus pour des profils très spécialisés, dans les domaines de la data, de la cybersécurité ou de l’IA.
Ce tarif inclut non seulement la prestation, mais aussi les charges sociales, la gestion administrative et les périodes non facturées (congés, formation, prospection).
Un freelance fixe un TJM plus élevé que le salaire d’un employé, car il doit assumer des coûts que l’employeur prend en charge pour un salarié : cotisations sociales, assurance, matériel, formation, périodes d’inactivité, congés non rémunérés, etc.
De plus, le freelance apporte une certaine souplesse qui justifie une tarification plus élevée. Enfin, un salarié est rémunéré chaque mois, tandis qu’un freelance doit ajuster ses tarifs pour compenser l’irrégularité de ses missions.
L’embauche d’un salarié implique des coûts supplémentaires souvent sous-estimés. Outre le salaire brut, l’employeur paie des charges patronales, les congés payés, la mutuelle, le matériel, la formation, ainsi que les indemnités en cas de départ (licenciement, rupture conventionnelle).
À l’inverse, un freelance est payé uniquement pour sa prestation, sans ces charges fixes. Pour des besoins ponctuels, le freelancing peut donc être plus économique.
Oui, il est possible de négocier avec un freelance, mais dans certaines limites. Un freelance fixe son tarif en fonction de son niveau d’expérience, de la complexité de la mission et du temps requis.
Plutôt que de demander une réduction du tarif, il peut être intéressant de négocier sur d’autres aspects : un volume de temps plus important, un délai plus souple ou un paiement plus rapide. Un tarif trop bas peut nuire à la qualité du travail et à l’implication du freelance, qui privilégiera des clients mieux rémunérateurs.