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Qu'est-ce que le Manifeste Agile ?

Publié il y a 4 jours
Qu'est-ce que le Manifeste Agile ?

97 % des entreprises informatiquesutilisent les méthodes de développement agiles selon un rapport du développeur logiciel Version One. Une vingtaine d’années après la publication du Manifeste Agile, l’agilité est ainsi devenue une approche incontournable du développement logiciel et de la gestion de projet numérique.

Les méthodes agiles reposent sur un texte fondateur : le Manifeste Agile. Ce document marque une rupture avec les approches traditionnelles de la gestion de projet, en mettant l’accent sur l’adaptabilité, la collaboration des équipes et la satisfaction du client. Reposant sur 4 valeurs fondamentales et 12 principes clés, cette publication a révolutionné les flux de travail dans les sociétés informatiques.

Quels sont les origines, les valeurs et les principes du Manifeste Agile ? À l’inverse, quelles sont ses limites ? Freelance-Informatique vous donne les clés pour comprendre ce pilier des méthodes agiles.

Qu’est-ce que le Manifeste Agile ?

Le Manifeste Agile : la définition

Le Manifeste Agile est le document fondateur de la méthode agile, rédigé en 2001 aux États-Unis par un groupe de 17 spécialistes du développement logiciel, ayant élaboré leurs méthodes respectives. Son objectif est de mettre en commun ces différentes méthodologies afin de proposer une nouvelle approche de la gestion de projet, flexible et adaptée aux besoins changeants des clients.

Contrairement aux méthodes traditionnelles de gestion de projet comme le cycle en V, rigides et linéaires, le Manifeste Agile favorise une approche itérative et collaborative. Ce guide est devenu une référence incontournable dans le monde du développement logiciel et s’est progressivement étendu à d’autres secteurs, comme le marketing, le design et la gestion des ressources humaines.

Les origines du Manifeste Agile

Dans les années 1990, le modèle traditionnel de gestion de projet prédominait dans le développement logiciel. Ces approches se caractérisaient par une planification détaillée en amont, suivie d’une exécution linéaire. Elles montraient cependant leurs limites :

  • Une rigidité excessive : toute modification des attentes du client ou des besoins métiers durant la phase de développement du projet entraînait des délais et des coûts supplémentaires ;
  • Une faible implication des clients : le commanditaire et les utilisateurs finaux ne découvraient le produit qu’à la toute fin de sa conception, ce qui constituait un risque d’insatisfaction ;
  • Des échecs et des retards fréquents : le manque d’adaptabilité aux besoins évolutifs du marché et la planification linéaire causaient des dépassements de délais et de budget.

Pour pallier ces problèmes, plusieurs experts en développement logiciel cherchaient des solutions plus souples et pragmatiques en élaborant de nouvelles méthodes de travail. Parmi eux figuraient Ken Schwaber et Jeff Sutherland, les créateurs de Scrum, Kent Beck, fondateur d’Extreme Programming (XP), ou encore Alistair Cockburn et Robert C. Martin, à l’origine de l’Architecture Hexagonale.

La réunion de ces spécialistes a mené à la rédaction du Manifeste Agile, qui propose des principes clés pour une gestion de projet adaptable et basée sur la collaboration avec le client. Ce document est une ligne de conduite ayant influencé l’émergence de plusieurs méthodologies agiles, telles que Scrum, Kanban, XP et SAFe (Scaled Agile Framework).

Les 4 valeurs fondamentales du Manifeste Agile

Le Manifeste Agile repose sur 4 valeurs fondamentales, qui servent de piliers aux différentes méthodologies agiles.

1 - Les individus et leurs interactions plutôt que les processus et les outils

L’agilité met l’humain au cœur du cycle de développement. Plutôt que de suivre des procédures rigides, elle valorise la communication directe et l’échange constant entre les membres de l’équipe.

Les discussions et les réunions régulières, telles que le rituel quotidien du Daily Stand-up Meeting dans la méthode Scrum, sont ainsi préférées aux longs échanges d’e-mails.

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2 - Des logiciels opérationnels plutôt qu’une documentation exhaustive

L’objectif principal d’un projet agile est de livrer un produit fonctionnel le plus rapidement possible, en réduisant le Time To Market (TTM), c’est-à-dire le temps écoulé entre l’idée et la mise sur le marché. La documentation est importante, mais elle ne doit pas ralentir le développement ni être un frein à la productivité.

Plutôt que de rédiger un cahier des charges détaillé, une équipe agile privilégiera ainsi des user stories claires. Ces descriptions du besoin du point de vue de l’utilisateur final de l’application permettent aux équipes de développement d’avoir une vision claire et exhaustive des fonctionnalités attendues.

3 - La collaboration avec les clients plutôt que la négociation contractuelle

Dans une gestion de projet classique, le client est souvent impliqué uniquement au début, lors de l’étape de récolte du besoin et de la rédaction des spécifications fonctionnelles, ainsi qu’à la fin, lorsque le produit lui est livré.

Avec la méthode agile, le client constitue un acteur clé tout au long du projet : l’équipe de développement interagit avec lui en permanence. La méthodologie Scrum en est un bon exemple : le Product Owner représente les besoins du commanditaire et ajuste en permanence les priorités en fonction de ses retours, sur un document clé appelé Product Backlog.

4 - L’adaptation au changement plutôt que le suivi d’un plan

Contrairement aux démarches traditionnelles où tout est figé dès le départ, le Manifeste Agile encourage une approche évolutive : l’équipe s’adapte aux imprévus et aux nouvelles exigences métiers. Si une fonctionnalité devient obsolète en cours de route, elle sera remplacée par une solution plus pertinente, sans perturber le projet.

Cette valeur fondamentale a joué un grand rôle dans la démocratisation des méthodes agiles dans le domaine informatique. Les évolutions technologiques y sont extrêmement fréquentes et la méthode agile y répond en testant de nouvelles approches en continu à travers de multiples itérations.

Les 12 principes du Manifeste Agile

Les 12 principes du Manifeste Agile définissent les pratiques à adopter pour appliquer les valeurs fondamentales de l’agilité :

  1. Prioriser la satisfaction du client : l’objectif principal de la méthode agile est de livrer rapidement un produit de qualité au client. Plutôt que d’attendre la fin du projet pour présenter un produit fini, l’approche agile encourage des livraisons fréquentes et incrémentales ;
  2. Accueillir le changement, même tardivement : contrairement aux approches traditionnelles où toute modification est perçue comme un problème, l’approche agile considère que s’adapter rapidement aux nouveaux besoins garantit un produit final plus aligné avec les attentes du marché ;
  3. Livrer fréquemment des logiciels fonctionnels : plutôt que de travailler sur un produit pendant plusieurs mois sans validation intermédiaire, les méthodologies agiles favorisent des cycles de livraison courts et réguliers ;
  4. Collaborer en permanence avec toutes les parties prenantes : la réussite d’un projet agile repose sur une communication fluide entre les développeurs, les clients, les utilisateurs et toutes les parties prenantes ;
  5. Construire les projets autour d’équipes motivées : l’agilité repose sur l’implication et l’autonomie des équipes. L’objectif ? Mettre en place un environnement de travail motivant et responsabilisant pour accroître la productivité et l’engagement ;
  6. Privilégier la communication en face à face : les longues réunions et les échanges d’e-mails sont remplacés par des interactions directes et des dialogues réguliers ;
  7. Mesurer l’avancement à travers la conception de logiciels fonctionnels : le succès d’un projet ne se mesure pas à la quantité de documents produits, mais à la capacité à livrer un produit fonctionnel ;
  8. Maintenir un rythme de travail soutenable : la méthode agile préconise un rythme de travail équilibré pour éviter l’épuisement des équipes et maintenir une cadence constante de livraison ;
  9. Viser l’excellence technique et une conception irréprochable : un code de qualité et un design intuitif garantissent un produit pérenne, évolutif et facile à maintenir ;
  10. Aller à l’essentiel en évitant les tâches inutiles : le Manifeste Agile prône une approche centrée sur la simplicité, en réalisant un développement efficace et pragmatique, sans s’éparpiller dans des tâches superflues ;
  11. Encourager les équipes auto-organisées : plutôt qu’un management descendant, l’agilité favorise l’autonomie des équipes, qui sont responsables de leur organisation et de leurs décisions ;
  12. Améliorer continuellement les processus : la méthode agile est structurée autour d’échanges réguliers sur les axes de progression à adopter, afin d’ajuster le fonctionnement de l’équipe pour l’optimiser en permanence.

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Les limites du Manifeste Agile

Malgré leurs grandes qualités, les concepts agiles comportent quelques limites, la plupart du temps culturelles et structurelles.

Une difficulté d’adoption peut en effet survenir dans certaines organisations : les principes agiles reposent sur une culture de flexibilité et d’amélioration continue. Cet état d’esprit est ardu à mettre en place dans les entreprises aux processus rigides ou dans les secteurs très réglementés, où une forte résistance aux changements peut s’opposer à l’adoption de ces méthodes.

Autre défi de taille : la nécessité d’établir une communication transparente et fluide, non seulement au sein de l’équipe de développement, mais aussi avec le client. Ce principe peut être confronté à de nombreux obstacles, notamment à l’ère du télétravail où les collaborateurs sont souvent dispersés géographiquement. L’implication du client est également la clé de la réussite d’un projet agile. En son absence, l’ensemble du flux de travail est mis en péril, étant donné que son exécution repose sur les retours constants des utilisateurs et du commanditaire.

Enfin, l’envergure de l'entreprise peut constituer un frein à l’adoption de ces pratiques souples, qui sont parfois difficiles à généraliser à l’ensemble des départements d’un grand groupe. Certains services peuvent alors travailler en vase clos. Pour pallier ces problématiques, des frameworks spécifiques comme SAFe ont vu le jour, afin d’assurer le déploiement des processus agiles à grande échelle.

L’ensemble de ces limites provient de l’environnement du projet et non de la méthodologie agile en elle-même. Bien que le Manifeste Agile ait révolutionné le secteur informatique, son application nécessite une adaptation au contexte spécifique de chaque entreprise. Un cadre structuré, associé à un fonctionnement organisationnel bien pensé, permet d’atténuer ces limites tout en exploitant pleinement les avantages de la méthode agile.

FAQ sur le Manifeste Agile

Le Manifeste Agile est-il toujours d’actualité ?

Plus de 20 ans après sa parution, le Manifeste Agile est toujours aussi actuel. Ses valeurs et ses principes universels s’appliquent dorénavant à de nombreux secteurs, bien au-delà du développement informatique. Les outils et méthodologies ont certes évolué, mais restent fidèles aux lignes directrices édictées dans ce document fondateur.

Quelle est la différence entre le Manifeste Agile et les méthodes agiles comme Scrum ?

Le Manifeste Agile définit les valeurs et les principes fondamentaux de l’agilité, mais il ne propose pas de méthodologie spécifique.

À l’inverse, Scrum, Kanban ou Extreme Programming sont des frameworks qui s’appuient sur ces principes pour structurer l’organisation du travail, les rôles et les processus d’un projet agile. Avec la notion de sprint chez Scrum, de tableau chez Kanban ou encore de Test Driven Development (TDD) chez XP, ils mettent en œuvre le Manifeste Agile avec un cadre clair et directement utilisable.

Comment appliquer le Manifeste Agile en tant que freelance ?

Un freelance peut appliquer les principes agiles à sa manière de travailler, en adoptant une approche itérative et en privilégiant une collaboration étroite avec son client.

Lors d’une mission freelance, il peut ainsi organiser son travail en sprints, intégrer des retours réguliers et utiliser des outils comme Notion ou Trello pour construire des tableaux Kanban. En outre, la maîtrise des principes agiles, et notamment les certifications comme Professional Scrum Master, sont de véritables atouts pour se démarquer sur une plateforme freelance.

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